PAROLES DU CHEMIN VERT (III)
Lors du second épisode de la série Paroles du Chemin Vert, on avait relaté comment des habitants de l'ex-cité Triennale vivaient assez mal l'impression d'être abandonnés, du moins par comparaison à ce qui se passait ailleurs dans la Ville. Et naturellement les principaux reproches mettaient en cause le maire de Boulogne
Nous avons donc eu l'occasion d'aller faire part à Frédéric Cuvillier des griefs recueillis in situ, en les re-situant dans leur contexte, à la fois historique (dix ans en arrière) et actuel…
C'était il y a une dizaine d'années… Un siècle en politique!
Dans un petit ouvrage retrouvé à la Bibliothèque municipale, Frédéric Cuvillier s'exprimait ainsi:

En ce mois de décembre 2025, alors qu'il prépare la dernière réunion du conseil municipal de l'année, le maire de Boulogne ne renie rien de ses propos d'alors et il les commente au vu de l'actualité récente.
Question: dans “Paroles du Chemin Vert” vous terminiez ainsi votre propos: “Et pour que perdure l'âme du quartier, il faut garder intacte sa mémoire”. Le diriez vous encore aujourd'hui?
F. Cuvillier: J'ai connu la cité de Transition d'avant. Les gens allaient les uns chez les autres, ils ne fermaient pas leur porte, c'était très convivial. Mais, en même temps, il n'y avait pas de chauffage, pas d'ascenseur, pas de centres d'activités sociales ou culturelles ou sportives. Tout cela a bien changé. Certains peuvent toujours se dire que c'était mieux avant. Mais personne ne voudrait revivre dans les mêmes conditions.
Question: Dans le même ouvrage vous dénonciez le fait de laisser vivre les gens dans un environnement dégradé. En décembre 2025, dans le quartier triennal, il y a toujours des habitants qui vivent au milieu d'immeubles vides et en voie de démolition, voire vivent dans un immeuble dégradé, à l'intérieur comme à l'extérieur.

FC: C'est bien pour cela que l'immeuble auquel vous faites référence va faire l'objet de travaux importants. Et si des immeubles restent longtemps abandonnés et vides d'occupants, c'est que parfois des locataires s'accrochent et que cela prend du temps à les reloger.
Question: certains riverains de la rue Percier et Fontaine déplorent que rien ne semble vraiment bouger depuis des années…
FC: Je reconnais que la situation a été compliquée. Le projet ANRU 2 ne prévoyait pas une offre locative assez importante sur ce secteur. J'ai mis deux ans pour obtenir de l'État que l'on revienne à une reconstruction sur site. Cela est maintenant réglé et les travaux de démolition et de reconstruction vont reprendre l'année prochaine.
Question: on entend dire qu'une partie du financement de l'ANRU aurait été utilisée ailleurs dans la ville, comme place de la république par exemple.
FC: c'est totalement faux. Le budget de l'ANRU est exclusivement réservé au Chemin Vert. Les immeubles que vous évoquez sont tous à mettre à l'actif de société privées.
Question: des habitants regrettent que le Conseil citoyen qui était prévu pour cogérer l'ANRU ait été tenu à l'écart…
FC: Dans tout projet de renouvellement urbain, le problème que l’on rencontre, c’est lorsque le conseil citoyen est sous influence. En ce qui me concerne, je continue de suivre de près ce projet. Et il y aura d'autres réunions de ce Conseil.
Question: Nombre de locataires d'Habitat du Littoral déplorent des malfaçons, en particulier des infiltrations et de l'humidité?
FC: Je ne conteste pas, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a des procédures en cours.
Ah, une dernière question: Vous parlez de l'an prochain mais serez vous encore là? Autrement dit: êtes vous candidat à votre succession à l'Hôtel de Ville?
FC: Je me prononcerai en janvier, chaque jour doit être utile.
A l'issue de cet entretien, on ne pouvait pas sérieusement penser que F. Cuvillier s'apprêterait à laisser sa place. Mais, c'est juste un ressenti…
Ndlr: Suivra très prochainement, le quatrième épisode de cette série Paroles du Chemin Vert